Guerre électronique : comment les capacités russes pourraient fragiliser les forces occidentales

La domination des forces occidentales sur le champ de bataille repose sur leur avance technologiques. Et si cette supériorité était en voie d'être fragilisée par les capacités russes en guerre électronique ?

Guerre électronique : comment les capacités russes pourraient fragiliser les forces occidentales

La domination des forces occidentales, américaines en premier lieu, repose on le sait sur leur avance technologique dans pratiquement tous les domaines. Et si cette situation était en voie d'être remise en cause par la suprématie de la Russie dans la guerre électronique ? Il s'agit désormais d'un risque très crédible. Depuis la fin de la Guerre froide, les forces occidentales ont accru de manière exponentielle leur dépendance aux systèmes électroniques sans développer suffisamment de protections pour ces derniers. De plus, les forces russes, qui n'ont jamais baissé la garde sur l'innovation dans le « haut du spectre » et la préparation aux conflits de haute intensité, ont fortement misé sur les technologies de guerre électronique quand les forces américaines les ont négligées, sans parler bien sûr des Européens. Notre avance technologique est-elle paradoxalement peut-être devenue notre tendon d'Achille ? C'est semble-t-il le cas. Les technologies de brouillage électromagnétiques développées et testées par les armées russes (et dans une moindre mesure chinoises) sont désormais jugées capables de rendre partiellement ou totalement inopérants la plupart des équipements américains – et évidemment ceux des forces alliées, réduisant considérablement leur avantage technologique et retournant le rapport de forces sur le champ de bataille. Nombre d'experts américains estiment aujourd’hui que le Pentagone a sous-évalué les capacités de brouillage russes ou chinoises (ou surévalué la capacité des équipements américains à y faire face), au point que l'on peut parler d'un réveil douloureux.

La Russie a été l'un des premiers pays à s'investir dans le domaine de la guerre électronique, même lorsque celle-ci n'était pas encore conçue comme telle. Dès la guerre russo-japonaise de 1904-1905, les forces russes brouillaient avec succès les communications de la flotte japonaise1 ; elles n'ont jamais perdu de vue les potentialités offertes par le spectre électromagnétique et ont continuellement développé des technologies dans ce domaine2au point d'y prendre une avance sur le reste du monde. Une large partie des capacités russes actuelles en matière de guerre électronique était en développement depuis la fin de l'époque soviétique3. Les forces occidentales, elles, n'ont que peu développé leurs capacités dans le domaine, y compris les États-Unis qui ont largement sous-estimé l'enjeu au point de ne se réveiller qu'à la fin des années 2010, surpris par l'avance prise par la Russie. Tout comme celles des autres grandes puissances occidentales, les forces américaines ont accru de manière exponentielle leur dépendance aux systèmes électroniques sans développer suffisamment de protections pour ces derniers. Les États-Unis sont pour l'heure en train de perdre4la course à l'innovation dans le spectre électromagnétique face à la Russie5, et l'écart avec cette dernière s'accroît dangereusement.

Un rapport de Roger N. McDermott publié en 2017 par un institut de recherche lié au ministère estonien de la Défense et préfacé par le (controversé) général américain Michael Hayden, ancien directeur de la CIA et de la NSA, s'attardait sur les capacités russes en matière de guerre électronique et leur développement d'ici 20256. Si Hayden véhicule une réputation sulfureuse en raison de ses pratiques à la tête du renseignement américain et de son rôle dans l'affaire Snowden, le rapport de McDermott a lui été reconnu pour la rigueur de ses analyses ; il concluait que « plus que n'importe quel autre facteur dans le développement des capacités militaires conventionnelles de la Russie, l'EW [electronic warfare, souvent traduit en français par GE, guerre électronique]pose un défi fondamental et de long terme pour l'Alliance7 ». Le think tank américain The American Security Project, qui compte parmi ses membres directeurs l'ancien Secrétaire d’État d'Obama John Kerry et se distingue aux États-Unis par l'accent mis sur le changement climatique, l'importance du désarmement nucléaire, ou encore le réchauffement des relations avec Cuba, a publié en avril 2020 une autre étude sur la menace que représentent les capacités russes en matière de guerre électronique. The American Security Project n'est pas un think tank va-t-en guerre, soumis au lobbying du complexe militaro-industriel ou en perpétuelle quête de buzz, et ses travaux peuvent être pris en considération. Le rapport insistait sur le fait que les capacités électromagnétiques russes ne sont pas aussi puissantes qu'avancé par la propagande de Moscou et sur le besoin de nuancer certaines idées reçues, mais confirmait la gravité du danger : les forces russes seraient bien en capacité de remettre en cause la suprématie américaine sur le champ de bataille tant leurs capacités dans le spectre électromagnétique sont développées et en avance sur celles des États-Unis et de leurs alliés.

Sur le terrain, l'efficacité des systèmes de guerre électronique russes n'est plus à démontrer. Au début du conflit russo-ukrainien, les forces russes auraient attaqué des équipements électroniques ukrainiens (surtout des radios) fabriqués en Russie en utilisant une sorte de faille (le colonel ukrainien Ivan Pavlenko parle de « virus ») dont elles avaient connaissance8. Les Russes ont-ils vendu aux Ukrainiens des équipements électroniques piégés ? S'il est difficile de répondre à cette question, on peut en tirer quelques enseignements. Citant une étude de  l'Asymmetric Warfare Group, lié à l'US Army, Sébastien Roblin rapporte que en Ukraine, « les brouilleurs, qui perturbent les signaux de commande, ont abattu plus de 100 drones ukrainiens, tandis que le renseignement électromagnétique a été utilisé pour cibler des frappes mortelles d'artillerie9 ». Le dernier point est à rapporter avec le fait que la Russie ait utilisé les signaux des téléphones portables de soldats ukrainiens pour les bombarder, comme le rappelle le rapport CAPS/IRSEM sur Les manipulations de l'information :

« Les soldats ukrainiens reçoivent déjà des messages qui visent à altérer leur moral ou leur cohésion, leur signifiant par exemple qu’ils sont « encerclés et abandonnés ». Puis, quelques minutes plus tard, ce sont leurs familles qui reçoivent un message leur annonçant la mort de leur fils, leur frère ou leur père, tué par l’ennemi – ce qui suscite généralement des appels des familles vers les soldats, et permet par la concentration de signaux de détecter leur localisation pour ensuite les bombarder10. »

Les Russes continuent de déployer des capacités offensives dans le pays. En avril 2019, on apprenait ainsi qu'un système de guerre électronique russe dernier cri avait été repéré dans le sud-est de l'Ukraine11.

La Russie a été soupçonnée plusieurs fois de brouiller les GPS des forces de l'OTAN lors d'exercices à ses frontières, notamment lors de l'exercice « Trident Juncture 2018 » où même les GPS des civils norvégiens et finlandais présentaient des dysfonctionnements12. Les forces de l'OTAN ont été handicapées par l'usage de leurs propres matériels de brouillage électromagnétique lors d'entraînements incluant l'emploi d'avions américains de guerre électronique EC-130H Compass Call (modèle que le Pentagone a commencé à retirer du service en janvier 2020). Le brouillage généré par ces appareils pourtant bien moins puissants que les systèmes russes avait été suffisamment fort pour clouer au sol les autres avions qui devaient prendre part à l'exercice, au point que les Compass Call ont du être sortis de ces différents exercices pour permettre aux avions rendus inopérants par ces brouillages de décoller. Les Américains peuvent retirer leurs appareils systèmes de brouillage en plein exercice pour ne pas gêner leurs propres avions de combat et ceux de leurs alliés, mais il est peu probable qu'en situation d'affrontement, Russes ou Chinois remiseraient leurs appareils de guerre électronique pour laisser aux Occidentaux la maîtrise du ciel... Alors que nombre de voix s'élèvent outre-Atlantique pour pointer le manque de préparation et le retard du Pentagone comme des entreprises du complexe militaro-industriel américain face aux capacités russes et désormais chinoises en matière de guerre électronique, certains officiers dénoncent le fait que les exercices d'entraînement soient irréalistes et « trop faciles » tant ils négligent l'adversaire ; pour eux, les armées américaines ne sont en réalité pas prêtes face à cette nouvelle réalité13. Il est intéressant de constater que le Pentagone, qui exagère souvent les menaces adverses dans le but d'accroître ses financements, a ici dangereusement sous-estimé une menace de premier ordre.

Si les Américains ont la mauvaise surprise de se découvrir en difficulté sur le terrain de la guerre électronique, les Européens (Français inclus) sont pratiquement hors jeu. Nous ne disposons d'aucun type d'appareil de brouillage électromagnétique capable de rivaliser avec ceux déployés par les forces russes. Pire que tout, nous sommes très vulnérables à ceux mis au point par les Russes. Les SPECTRA (Système de protection et d'évidement des conduites de tir du Rafale) qui équipent nos Rafale sont probablement insuffisamment résistants aux capacités de brouillage russes. Gardons par exemple à l'esprit les problèmes constatés lors de l'opération Hamilton en 2018 (initiée pour frapper les installations chimiques supposées du régime de Bachar el-Assad). Sur les trois frégates FREMM de classe Aquitaine engagées dans la mission de bombardement des sites de Barzé et Him Shinshar, seule la frégate Languedoc a pu tirer trois missiles MdCN dans le temps imparti. Les frégates Aquitaine et Auvergne n'ont été en capacité de tirer leurs missiles qu'une fois le créneau de tir refermé (et n'en ont donc tiré aucun). La réponse avancée a d'abord été celle du problème technique « interne ». Le fait qu'un des cinq Rafale déployés dans la même nuit n'ait pas pu tirer son deuxième missile Scalp-EG était en effet lié à des carences techniques comme nos armées en connaissent trop du fait de l'écart entre les missions qu'on leur confie et les moyens qu'on leur accorde. Mais il est apparu plus tard que l'impossibilité pour nos deux frégates de tirer leurs missiles dans le temps imparti était probablement lié à la présence non loin de navires russes. Le Général Lecointre14et l'Amiral Prazuck, alors chef d’État-major de la Marine nationale avant son remplacement par Pierre Vandier en 2020, ont estimé que ces navires avaient eu un comportement inamical15– quelques jours auparavant, la frégate Aquitaine avait d'ailleurs fait l'objet d'un survol menaçant de la part d'un bombardier tactique Su-24 armé, passé tout près16. Une frégate russe de classe Amiral Grigorovitch se serait placée à portée de nos frégates avec un dispositif de brouillage électronique capable de compromettre la réussite de l'opération. Il s'agit là d'une simple hypothèse, mais celle-ci est aussi crédible qu'inquiétante. Une expérience de terrain de plus qui confirme à quel point le spectre électromagnétique est devenu un talon d'Achille pour les armées occidentales – européennes en premier lieu – qui misent largement sur leur avance technologique, et un avantage décisif pour la Russie. La Syrie est devenue comme l'Ukraine un laboratoire pour la Russie qui y teste ses capacités dans le spectre électromagnétique. Les Russes y utilisent leurs systèmes de guerre électronique pour gêner les forces américaines. Les Krasukha-4 brouillent les radars, les radios, les canaux de commande et contrôle des drones, rendent sourds et aveugles les avions17. La Russie emploie aussi ses capacités directement sur le champ de bataille syrien : en février 2020, un système de guerre électronique (probablement Krasukha) a par exemple permis de désactiver le système de contrôle de drones utilisés par des jihadistes pour attaquer la base aérienne de Hmeimim et de les mettre hors de combat18. En Russie même, les systèmes de brouillage électronique de radars Mourmansk-BN installés sur les péninsules de Kola et du Kamtchatka sont supposés être capables d'endommager ou rendre inopérants des systèmes électroniques sur des milliers de kilomètres.

En ce début de décennie 2020, la Russie est très largement en avance dans la maîtrise du spectre électromagnétique. Une note du Centre Français de Recherche sur le Renseignement (Cf2R) faisant le constat d'une suprématie russe dans le domaine estime que « il est possible que dans les 10-15 ans à venir, d’autres pays puissent rivaliser avec la Russie » (ce qui montre le niveau d'avance pris par les forces russes). Mais le pays le plus avancé en matière de guerre électronique après la Russie est très probablement la Chine, qui développe depuis longtemps ses capacités en GE pour pouvoir contrebalancer la suprématie américaine sur le champ de bataille. Dans l'optique de briser l'avantage technologique des forces occidentales, Moscou et Beijing mettent l'accent sur d'autres manières de les rendre sourdes et aveugles, notamment s'agissant des forces américaines. Ainsi des armes anti-satellites. En cas de conflit majeur associant l'une des deux puissances ou les deux à la fois, le plus probable est que la Russie comme la Chine aient à se battre à proximité de leurs frontières. Or, leurs capacités anti-satellitaires pourraient permettre de réduire drastiquement l'efficacité des forces américaines : celles-ci sont très dépendantes des satellites pour mener des opérations hors du territoire américain. En citant d'autres technologies que celles évoquées ici, l'analyste militaire et spécialiste de l'économie de défense Fabrice Wolf se demande si au global, l'électromagnétisme sera « la poudre noire du XXIesiècle19 » : c'est en effet une possibilité à long terme tant des technologies telles que le canon électrique (railgun)pourraient révolutionner le combat dans les prochaines décennies).

Mais s'agissant de la guerre électronique stricto sensu, celle qui vise au contrôle du spectre électromagnétique notamment dans le C4ISR (Command, Control, Communications, Computers, Intelligence, Surveillance and Reconnaissance), la Russie est potentiellement déjà en capacité de bouleverser les rapports de force. Et donc d'infliger de sérieuses difficultés aux forces européennes et américaines en cas d'affrontement en Europe. La Chine pourrait quant à elle être en mesure de réserver une mauvaise surprise aux États-Unis en cas d'affrontement entre les deux superpuissances. La maîtrise par la Chine de systèmes de guerre électronique capables de mettre en difficulté les forces américaines pourrait s'avérer être un l'un des Shashoujian* que développerait Beijing pour retourner la situation en cas d'affrontement contre les Etats-Unis ou leurs alliés en Asie-Pacifique. La supériorité de la Russie en matière de guerre électronique a elle aussi tout d'un Shashoujian, capable de menacer un adversaire aujourd'hui supérieur sur le papier comme l'OTAN. Il est à parier que nous aurons sur ce point de mauvaises surprises dans les prochaines années, avec le risque d'en avoir de plus mauvaises encore en cas d'escalade militaire ou de conflit armé.

* Le termeShashoujian, que les analystes américains traduisent souvent par Assassin's Mace, pour « massue de l'assassin », renvoie à une technologie ou un ensemble de technologies qui permettraient aux forces chinoises de surprendre et vaincre sur le champ de bataille un adversaire bien plus puissant comme les États-Unis (le mot en lui-même, dont l'origine rappelle pour nous David tuant Goliath avec sa fronde, est une expression courante en mandarin s'appliquant à de nombreuses situations).

1Patrick Smith, « Perspective – Russian Electronic Warfare : A Growing Threat to U.S. Battlefield Supremacy », The American Security Project, p. 1, https://www.americansecurityproject.org/wp-content/uploads/2020/04/Ref-0236-Russian-Electronic-Warfare.pdf

2Olivier Dujardin, « Note renseignement, technologie et armement n°12 / septembre 2019, Guerre électronique : la suprématie russe »,  Centre Français de Recherche sur le Renseignement, septembre 2019, https://cf2r.org/rta/guerre-electronique-la-suprematie-russe/

3Roger McDermott, « Russia’s Advances in Electronic Warfare Capability », Real Clear Defense, 4 octobre 2019, https://www.realcleardefense.com/articles/2019/10/04/russias_advances_in_electronic_warfare_capability_114786.html

4Paul McLeary, « Russia’s winning the electronic war », Foreign Policy, 21 octobre 2015, https://foreignpolicy.com/2015/10/21/russia-winning-the-electronic-war/

5Sébastien Roblin, « Electronic warfare : The U.S. is losing the invisible fight to Russia's dominant capabilities », NBC News, 26 novembre 2019, https://www.nbcnews.com/think/opinion/russia-winning-electronic-warfare-fight-against-ukraine-united-states-ncna1091101

6Roger N. McDermott, « Russia’s Electronic Warfare Capabilities to 2025 : Challenging NATO in the Electromagnetic Spectrum », International Centre for Defence and Security, septembre 2017, https://icds.ee/wp-content/uploads/2018/ICDS_Report_Russias_Electronic_Warfare_to_2025.pdf

7Ibid., p. 48.

8Joseph Trevithick, « Ukrainian Officer Details Russian Electronic Warfare Tactics Including Radio "Virus" », The Drive, 30 octobre 2019, https://www.thedrive.com/the-war-zone/30741/ukrainian-officer-details-russian-electronic-warfare-tactics-including-radio-virus

9Sébastien Roblin, « Electronic warfare : The U.S. is losing the invisible fight to Russia's dominant capabilities », NBC News, 26 novembre 2019, https://www.nbcnews.com/think/opinion/russia-winning-electronic-warfare-fight-against-ukraine-united-states-ncna1091101

10Rapport conjoint CAPS/IRSEM – Les manipulations de l’information : un défi pour nos démocraties, op. cit., p. 164.

11Laurent Lagneau, « Un système de guerre électronique russe dernier cri a été repéré dans le sud-est de l’Ukraine », Opex360, 5 avril 2019, http://www.opex360.com/2019/04/05/un-systeme-de-guerre-electronique-russe-dernier-cri-a-ete-repere-dans-le-sud-est-de-lukraine/

12« Finland to probe reports of Russia disrupting GPS during NATO drill », DW (Deutsche Welle), 11 novembre 2018, https://www.dw.com/en/finland-to-probe-reports-of-russia-disrupting-gps-during-nato-drill/a-46253512

13Sydney J. Freedberg Jr., « US Forces Untrained, Unready For Russian, Chinese Jamming », Breaking Defense, 30 octobre 2019, https://breakingdefense.com/2019/10/us-forces-untrained-not-ready-for-russian-jamming/

14Laurent Lagneau, « Opération Hamilton : Deux frégates françaises auraient été gênées par des navires russes au moment de lancer leurs missiles », Opex360, 4 mai 2018, http://www.opex360.com/2018/05/04/operation-hamilton-deux-fregates-francaises-auraient-ete-genees-navires-russes-moment-de-lancer-leurs-missiles

15Guerric Poncet, « EXCLUSIF. Syrie : les secrets de l'opération Hamilton », Le Point, 4 mai 2018, https://www.lepoint.fr/monde/syrie-les-secrets-de-l-operation-hamilton-02-05-2018-2215289_24.php#

16Laurent Lagneau, « Syrie : Un avion de combat russe a survolé la frégate « Aquitaine » de façon inamicale et dangereuse », Opex360, 10 avril 2018, http://www.opex360.com/2018/04/10/syrie-avion-de-combat-russe-a-survole-fregate-aquitaine-de-facon-inamicale-dangereuse/

17Anna Varfolomeeva, « Signaling strength : Russia’s real Syria success is electronic warfare against the US », The Defense Post, 1er mai 2018, https://www.thedefensepost.com/2018/05/01/russia-syria-electronic-warfare/

18« Russian Electronic Warfare System Brings Down Hostile Drones in Syria, Defense World », 3 février 2020, https://www.defenseworld.net/news/26265/Russian_Electronic_Warfare_System_Brings_Down_Hostile_Drones_in_Syria#.X1YMf3kzbIU

19Fabrice Wolf, « L'électromagnétisme sera-t-il la poudre noire du XXIe siècle ? », Meta-Défense, 21 février 2020, https://www.meta-defense.fr/2020/02/21/lelectromagnetisme-sera-t-il-la-poudre-noire-du-xxieme-siecle/